Risques Sanitaires en Rhône Alpes

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Dernière mise à jour le 10 Septembre 2018

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Exposition domestique

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Tout appareil électrique en fonctionnement émet un champ électromagnétique d’intensité variable, de la lampe de bureau à l’aspirateur. Dans la plupart des cas, ce champ est négligeable et nous nous limiterons aux installations qui soulèvent le plus de questions de la part du public et des professionnels de santé.




La cuisson par induction


Les plaques à induction utilisent des fréquences de 20 à 50 KHz. Le courant alternatif traversant une bobine crée un champ magnétique qui traverse le fond du récipient posé sur la plaque de vitrocéramique et dans lequel se produit un courant de Foucault. On n’obtient un échauffement qu’en choisissant un matériau approprié pour le fond du récipient.
Si le récipient n’est pas posé correctement et ne couvre pas parfaitement la zone d’induction, il se produit un champ rayonné autour de l’appareil. A une distance de 5 à 10 cm de la source, l’exposition au champ magnétique est fortement réduite.

Il y a peu de travaux sur les interférences des plaques à induction avec les stimulateurs cardiaques et les défibrillateurs automatiques implantables (DAI), mais la seule étude expérimentale in vivo (57 stimulateurs) réalisée en France n’a pas montré de dysfonctionnement des stimulateurs cardiaques en utilisant une plaque à induction du commerce (source : R. Frank et al. Effets des champs magnétiques de 50 et 60 Hz et de 20 à 50 kHz sur le fonctionnement des cardiostimulateurs implantés. Archives des Maladies du Cœur et des Vaisseaux, tome 96, n° spécial III (avril 2003) : 35-41).

 

Il se dégage donc un consensus de prudence qui conduit à conseiller :
- d’utiliser des récipients adaptés à ce type de cuisson et de veiller à leur positionnement ;
- d’éviter le contact direct avec le plan de travail et donc si l’on se tient au contact de la cuisinière à induction d’utiliser les plaques les plus éloignées ;
- pour les porteurs de stimulateurs cardiaques unipolaires, d’évoquer le problème avec le médecin.

Les fours à micro-ondes


Ces appareils utilisent des champs électromagnétiques à la fréquence 2.45 GHz, d’une puissance telle (700 à 1000 Watts) qu’ils induisent un échauffement des aliments due à l’agitation des molécules. L’aliment lui même ne produit aucun rayonnement électromagnétique. Au-delà de 30 cm du four, les rayonnements mesurés sont très inférieurs aux limites réglementaires pour la sécurité des personnes. Ainsi dans l’état actuel des connaissances, ces appareils, en bon  état et correctement utilisés, ne présentent pas de danger lié au champ électromagnétique.

En revanche, les autres risques : brûlure, accidents liés à un récipient inadapté, défectuosité de l’appareil ne sont pas négligeables et exigent le respect rigoureux des conditions normales d’utilisation.

Les écrans de visualisation : ordinateur , télévision...


Les champs mesurés autour des écrans cathodiques sont très inférieurs aux valeurs limites actuellement recommandées dans cette gamme de fréquences.

Les risques peuvent être considérés comme négligeables d’autant qu’ils sont de plus en plus remplacés par des nouvelles technologies peu ou pas génératrices de champs électromagnétiques. On ne mesure pratiquement rien à proximité immédiate des écrans LCD.
 

Les lampes fluocompactes basse consommation (LFCs)


Ces lampes contiennent un gaz dans lequel le courant circulant produit l’émission d’ultraviolets transformés en lumière visible au contact du revêtement intérieur de la lampe.
Il existe un rayonnement ultraviolet résiduel qui pourrait aggraver des symptômes chez certaines personnes fragiles en cas d’exposition prolongée ou rapprochée (moins de 20 cm).
Il se pose également en cas de bris de la lampe, le problème de la petite quantité de mercure qu’elle contient.

- Les personnes porteuses de maladies dermatologiques et sensibles aux UV ou à la lumière bleue doivent en tenir compte : limitation des expositions, distances d’exposition, utilisation des lampes à double enveloppe qui limite l’émission d’UV (quand on ne voit plus le serpentin) ;
- Les lampes basse consommation de ce type ne doivent pas être éliminées dans le circuit des ordures ménagères mais dans le circuit de recyclage spécifique en raison du mercure contenu dans l’ampoule.
 

Les LEDs


Ces lampes basées sur la technologie de l’électroluminescence sont probablement l’éclairage du futur en raison de leur durée de vie et de la faible consommation énergétique.
Cependant, leur spectre est extrêmement variable en fonction de leur conception et les lampes ayant de la lumière bleue en trop grande quantité dans leur spectre peuvent présenter des risques non négligeables en particulier chez l’enfant.
En effet une trop grande exposition de la rétine à un fort rayonnement de lumière bleue peut générer des lésions parfois définitives. Des lésions répétées pourraient faire le lit de la Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age (DMLA).

L’Agence Nationale de Sécurité sanitaire de l’Environnement et du Travail (ANSES) a recommandé la limitation de commercialisation de certaines lampes.
Il est recommandé :
- de ne pas utiliser de LEDs dans les jouets pour enfant,
- d’éviter des expositions prolongées aux éclairages et écrans utilisant cette technologie dans l’attente d’une mise aux normes générale.

La téléphonie mobile


Le téléphone mobile est un émetteur-récepteur échangeant des informations avec la station de base (antenne). Lors de son utilisation, environ la moitié du rayonnement émis est absorbé par la tête. On parle de Débit d’Absorption Spécifique (DAS) pour caractériser l’énergie absorbée par les tissus (DAS, en watt/kg). La profondeur de pénétration des ondes dans cette gamme diminue très rapidement dans les tissus. Le rayonnement n’est notable que lorsque le téléphone émet et non lorsqu’il est en veille. Plus la liaison est de bonne qualité, moins le rayonnement est important.
Les appareils de 3ème génération (3G) exposent 100 fois moins que les 2G (GSM).

Les antennes des stations ont, au niveau du sol une zone d’exposition maximale à 200 m pour les grandes antennes. Selon l’Académie de Médecine (rapport de 2009) «  être exposé pendant 24h à une antenne à 1Volt par mètre donne la même exposition de la tête que téléphoner avec un portable pendant 30 secondes ».

Le fait que le téléphone mobile soit utilisé à proximité de la tête et qu’un très grand nombre de personnes l’utilisent a motivé les recherches. C’est sans doute le domaine de fréquence qui a fait l’objet du plus grand nombre de travaux dans le monde et surtout en Europe (plus de 2000 à ce jour). Près de 40% de ces études sont entachées de biais méthodologiques. Toutefois de nombreuses études de qualités ont permis de consolider les connaissances et de valider les limites réglementaires préconisées par l’ICNIRP qui servent de bases pour la réglementation dans de nombreux pays dont la France.

Selon les études animales conduites, il apparaît que la grande majorité des effets biologiques rapportés sont liés aux effets thermiques (dus à l’échauffement) apparaissant à des niveaux de DAS élevés. Pour les obtenir il faut des niveaux d’exposition bien supérieurs à ceux rencontrés avec les téléphones mobiles.

Dans les études humaines qui ont été conduites, de très faible variations du débit sanguin cérébral, de l’ordre du physiologique, ont été observées dans un petit nombre de travaux.
Un ensemble d’études ont été conduites par le Centre International de Recherche sur le Cancer (étude INTERPHONE). Certains travaux montreraient sur 10 ans une incidence plus élevée du neurinome de l’acoustique, sans qu’il ait une certitude de causalité. Il n’y a pas à ce jour de travaux incontestables quant aux risques de méningiome ou de gliome bien que certaines études semblent avoir mis en évidence un risque significatif de gliome pour de très gros utilisateurs. D’autres études épidémiologiques  sont en cours à travers le monde avec des méthodologies comprenant peut être moins de biais. Dans plusieurs pays (pays scandinaves,  USA,  Grande Bretagne) des analyses des données des registres du cancer ont été conduites sans qu’il ressorte d’augmentation de l’incidence des gliomes (nombre de nouveau cas par an) corrélée avec l’usage du téléphone portable.

S’agissant des porteurs d’implants et stimulateurs, les techniques sont assez améliorées pour considérer que le risque est infime même si l’on conseille de tenir le téléphone à plus de 15 cm du stimulateur ou du défibrillateur.
De même, en raison d’incertitudes sur les interférences possibles avec certains dispositifs très sensibles, les téléphones portables sont interdits dans les services hospitaliers ayant de nombreux équipements électroniques sensibles.

Selon les analyses de travaux (expertises) conduites tant par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail (AFSSEPT), l’OMS ou de nombreux organismes sanitaires dans le monde, il apparaît que les données expérimentales et épidémiologiques ne montrent pas d’effet à court terme de l’exposition aux radiofréquences.
En ce qui concerne les expositions à long terme, qui demande des temps d’observation très longs, l’interprétation est rendue difficile par de nombreux biais. Il n’y a pas de preuve décisive d’effet négatif sur la santé. L’OMS considère que s’il y a un effet, il est très faible. Ceci a conduit le Centre International de Recherche sur le Cancer à classer les champs électromagnétiques de radiofréquence en « catégorie 2B, cancérigène possible pour l’homme ».

En Rhône-Alpes, la mesure 9 du Plan Régional Santé Environnement prévoit d'étudier la faisabilité d’un suivi spatial et temporel de l’exposition aux champs électromagnétiques sur la ville de Valence.


En résumé, bien que les études disponibles soient rassurantes, il existe une inquiétude sur ces technologies.
Des mesures peuvent être prises pour limiter son exposition :
- privilégier les appareils à Débit d’Absorption Spécifique (DAS) faible ;
- ne téléphoner que lorsque la liaison est bonne ;
- éviter de téléphoner dans un train ou en voiture ; le téléphone recherchant le réseau à tout moment ;
- limiter le temps de communication ;
- préférer les kits mains libres.
 

Le téléphone sans fil DECT (le téléphone de la maison)


Les rayonnements de la station de base et du combiné sont très bas et diminuent très rapidement avec l’éloignement de l’utilisateur. Nous n’avons pas retrouvé d’étude fiable sur les risques particuliers à ces appareils. Il semble cependant que ces appareils ne perturbent pas le fonctionnement des stimulateurs cardiaques et défibrillateurs.

Interphones bébé


Ces appareils ne fonctionnent en général pas en continu. Les émissions sont très faibles et décroissent très rapidement. Même en contact direct, ces émissions restent inférieures aux normes recommandées.

Une mesure de bon sens est de placer l’appareil à un mètre de l’enfant et d’éviter les appareils fonctionnant en permanence.
 

Pour en savoir plus :

- Effets sanitaires des technologies de communication sans fil et autres applications radiofréquences - Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), octobre 2013

- Cuisinière à induction - Office fédéral de la santé publique Suisse OFSP, novembre 2011

- Analyse des champs électromagnétiques associés aux lampes fluorescentes compactes. Protocole de mesure de l’exposition humaine aux champs électromagnétiques émis par des lampes fluorescentes - Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du travail (AFSSET), février 2009

- Lesondesmobiles.fr. Tout savoir sur le bon usage du portable (INPES)

- Champs électromagnétiques et santé publique: téléphones portables. Aide-mémoire N°193 – Organisation Mondiale de la Santé, Juin 2011

- Téléphones mobiles et risque de cancer : Revue bibliographique – Institut National du Cancer, février 2009

- Les risques des antennes de téléphonie mobile. Mise au point – Bulletin de l’Académie Nationale de Médecine, 2009, Tome 193, No 3, p 781-785

- Les incidences éventuelles sur la santé de la téléphonie mobile. Office parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST), 2009

- Téléphone (s) mobile (s) : santé et sécurité – Ministère en charge de la santé, juin 2008

- Champs électromagnétiques et santé publique: stations de base et technologies sans fil. Aide-mémoire n°304 - Organisation Mondiale de la Santé, Mai 2006

- et la rubrique de ce site Champs électromagnétiques / En savoir plus
 



Rubrique mise à jour en janvier 2014

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Source : Air Rhône-Alpes

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